La faim de la bouche

Vous n’avez pas faim mais vous rêvez d’obtenir, via les papilles gustatives, des sensations agréables : la fraîcheur d’une bonne glace en été, le piquant d’un poivre parfumé ? Si oui, alors vous avez la faim de la bouche.

Soyez attentif à la faim de votre bouche, comment cette dernière vous signale-t-elle qu’elle voudrait ressentir telle ou telle sensation particulière ? Désire-t-elle quelque chose de salé, de sucré, d’acide, de croquant, de velouté, de crémeux ? Observez aussi, si en fait, votre faim de la bouche n’a pas plutôt soif.

Vous pouvez également nourrir la faim de la bouche, sans manger, en buvant un thé, en mastiquant un chewing gum ou suçant un bonbon par exemple.

Choisir une autre faim

La faim de l’estomac

L’estomac gargouille, se creuse ou se resserre ? Vous vous sentez faible en énergie ? Alors ici vous avez faim, il faut manger sans attendre ! C’est la seule faim qui est reliée à un besoin physiologique, il est donc important de manger quelque chose qui vous nourrisse, et pourquoi pas, qui nourrit également une autre faim ? On peut avoir faim de l’estomac, des yeux et du cœur ! Rien n’est exclusif…

Vous savez que vous avez ingéré une bonne quantité d’aliment si après vous sentez votre énergie renouvelée plutôt qu’un coup de pompe digestif. Avant de vous resservir, demandez-vous comment va votre énergie ?

Choisir une autre faim

La faim des cellules

Vous avez une envie très spécifique pour un aliment ? Cela n’est pas réservé qu’aux femmes enceintes, c’est votre faim des cellules qui est activée !

L’écoute de la faim de vos cellules est l’habileté la plus importante à acquérir, elle consiste en la capacité à écouter vos appétits spécifiques. Lorsque l’organisme a besoin d’un nutriment (sel, sucre, fer…) il le réclame par des envies bien précises (par ex : sel, envie de chips, fer, envie de viande, calcium, envie de yaourt, etc.). Plus vous écouterez avec justesse la faim de vos cellules, plus vous ressentirez une satisfaction pendant et après le repas.*

Il y a des variations saisonnières, hormonales, dans la faim des cellules. Plus il fait froid, plus le corps exige des apports caloriques importants, il est donc tout à fait normal d’avoir des appétits pour des plats plus riches en hiver. Une personne en période de stress peut naturellement avoir plus envie de sucre et de gras car ce sont des aliments réconfortants.

Quand nous sommes malades, le corps a besoin de repos et de vitamine C, il est donc naturel d’avoir un moindre appétit et d’être davantage attiré par des soupes et des jus vitaminés à cette période-là.

Mieux écouter ses appétits spécifiques revient à poser un acte de santé important car votre organisme sait ce dont il a besoin pour garder l’équilibre. Si vous mangez des fritures pendant 1 semaine, votre faim des cellules réclamera de la verdure, des fruits etc.

* Si en mangeant ce que vous aimez, vous finissez par en manger trop, trop souvent, et vous sentir ballonné(e) alors il s’agit d’un phénomène très courant dû à l’effet de la restriction cognitive alimentaire. C’est quelque chose qui se travaille et peut être réglé en peu de temps (n’hésitez pas à prendre rendez-vous si vous vous reconnaissez dans ce phénomène).

Choisir une autre faim

La faim de l’esprit

Vous avez envie de chocolat mais votre esprit tente de vous convaincre de manger un fruit à la place ? Alors vous avez la faim de l’esprit.

Les croyances en diététique peuvent perturber l’équilibre recherché par l’organisme : « je ne dois privilégier que le pain aux grains et éviter à tout prix le pain blanc », « je devrais manger plus de légumes », « le sucre est un poison ». Lorsque l’esprit s’encombre de règles à propos de ce qu’il faut/ne faut pas manger, le plaisir gustatif est perdu et le rassasiement aussi. On finit par manger trop car on compense l’aliment manqué par la quantité d’un aliment jugé meilleur. Ainsi font les personnes qui prennent une salade en plus pour essayer de ne plus avoir de place pour le dessert.

La faim de l’esprit se fonde sur le principe de « bons » et de « mauvais » aliments. Les régimes et les allégations santé alimentent la peur et nous pousse à manger avec notre tête plutôt qu’avec notre corps. Il est important de pouvoir relativiser ces croyances alimentaires, qui de toute façon, changent sans cesse. Nous ne sommes pas des robots, le corps humain est trop complexe pour être dicté par des règles alimentaires simplificatrices. Ecouter plutôt la sagesse de votre corps, vous êtes votre meilleur(e) diététicien(ne).

Choisir une autre faim

La faim du cœur

Vous avez envie d’une recette bien particulière qui vous ramène dans un état émotionnel fort, plein de souvenirs liés à votre enfance, un voyage, une relation ? Si oui, alors vous avez la faim du cœur.

Ici, plus que les aliments mêmes, c’est l’atmosphère et l’émotion qu’ils évoquent qui prend toute son importance. Il s’agira de savourer cette recette en s’imprégnant de toute l’émotion dégagée par le souvenir en question. Apprenez à augmenter la charge émotionnelle du souvenir en associant à votre repas, une musique, odeur ou image qui vous ramène à ce temps bien précis de votre histoire.

Vous pouvez également nourrir la faim du cœur, sans manger, en parlant de ce souvenir avec un être cher, en humant une odeur spécifique (la zone de l’odorat étant très proche de la zone de la mémoire au niveau du cerveau), en écrivant, en écoutant une musique associée au souvenir, en visualisant des photos.

Choisir une autre faim

La faim du nez

Vous n’avez pas faim, mais ça SENT tellement bon, que vous voulez en manger ? Si oui, alors vous avez la faim du nez.

Il s’agit de l’envie de manger qui surgit quand vous passez devant une boulangerie et que vous sentez l’odeur du pain frais, des churros tout chauds…

Humez profondément ce que vous mangez, en repérant les divers arômes et parfums, leur intensité qui varie en fonction de la mastication.

Vous pouvez également nourrir la faim du nez, sans manger, en humant un parfum (ex : une cuillerée de vanille ou d’essence d’amande, quelque chose qui dégage une odeur agréable pour vous).

Choisir une autre faim

La faim des yeux

Vous n’avez pas faim, mais c’est tellement BEAU que vous voulez en manger ?! Si oui, vous avez la faim des yeux.

Avant de commencer à manger, observez bien votre assiette (couleur, texture, forme, disposition) et demandez-vous ce qui plaît à vos yeux dans ces aliments ? Est-ce la beauté ou l’apparence alléchante de l’aliment qui vous donne faim pour cet aliment ?

Essayez de vous préparer un repas comme si vous étiez votre propre invité : préparez une belle table et apprêtez la nourriture de façon esthétique… Laissez vos yeux « se nourrir » des aliments et de tout ce qui compose le repas.

Vous pouvez également nourrir la faim des yeux sans ingérer d’aliments, en appréciant visuellement et avec attention quelque chose de beau (un tableau, les pétales colorés d’une fleur, votre maison de rêve, etc.).

Choisir une autre faim

« JE NE SUIS PAS UN CANON DE BEAUTÉ… ET ALORS ? »

(Ou comment vivre avec son image imparfaite ?)

Acceptez-vous tels que vous êtes

L’insatisfaction corporelle se ressent lorsqu’il y a une trop grande différence entre le corps « vécu », le corps « idéalisé » et le corps « socialement attendu ». Même si certaines personnes parviennent à se sentir bien et satisfaites avec elle-même sur le plan physique, c’est souvent de façon passagère. En réalité, l’insatisfaction corporelle reste la norme et il serait vain de vouloir la supprimer plutôt que d’apprendre à mieux vivre avec elle.

L’image que nous avons de notre corps touche bien plus d’aspects de notre vie que l’on ne l’imagine. Les quatre exemples qui suivent permettront d’illustrer cette idée.

Lorsque le corps est perçu comme beau, fort et séduisant, cela est souvent associé à une plus grande confiance en soi, à de meilleures compétences sociales et interpersonnelles. Par conséquent, cela peut jouer un rôle sur la performance.

Par contre, lorsque le corps est perçu comme une « entrave », suite à une maladie ou des douleurs chroniques, cela peut engendrer des comportements ayant un impact sur la santé de l’individu (sédentarité, compensations diverses telles que la prise d’alcool, l’excès alimentaires,…).

Si le corps est maltraité (abus physiques, traumas, troubles du comportement alimentaire,…), cela peut affecter le développement.

Il faut également noter que l’image du corps a une influence sur le comportement sexuel (inhibitions, attitudes phobiques spécifiques, hyper-sexualisation,…).

Travailler sur son insatisfaction corporelle n’est donc ni superficiel ni futile et présente un grand intérêt dans le cadre d’une thérapie.

Face à ce malaise, cette anxiété et/ou cette « honte interne ou externe », les stratégies d’adaptation que l’on utilise pour s’apaiser sont nombreuses. Et qu’elles soient d’ordre comportemental, comme le fait de se camoufler, de vérifier son image sans cesse dans le miroir, d’éviter les contacts sociaux ou d’ordre mental, comme celui de ruminer, de se rassurer avec des phrases positives, de se distraire,…, elles ne font que participer au maintien sur le long terme de la détresse émotionnelle liée à l’insatisfaction corporelle.

Mais alors comment faire ? Comment apprendre à vivre avec cette insatisfaction omniprésente ?

Voici quelques pistes pour vous aider à entreprendre ce travail :

  • Premièrement, essayez de ne pas perdre votre temps à lutter contre cette tendance humaine normale.
    Résistez au sentiment d’urgence de lutter contre cet inconfort et; apprenez à l’accueillir (comme on le ferait en pleine conscience). Ici, le but est d’expérimenter ses pensées et ses émotions à ce moment précis sans porter de jugement et en prenant le temps d’observer ce qu’il s’y passe jusqu’à ce que l’on n’éprouve plus l’urgence de fuir cette situation. Car il ne faut pas oublier que la fuite alimente la détresse sur le long terme.
  • Deuxièmement, il est bon de savoir que si nous n’avons pas de prise sur notre insatisfaction corporelle, nous en avons bien une sur ce que l’on décide d’en faire. Nous pouvons en effet choisir, qu’indépendamment de l’image que nous nous faisons de notre corps, nous allons en prendre soin en abandonnant les maltraitances qu’on lui inflige (pesées compulsives, régimes, hyperactivité, abus de chirurgie,…) et en le respectant (sommeil, hygiène, alimentation, maquillage, vêtements, soins, massages, sport/mouvement,…).
  • Enfin, l’entourage tient également un rôle important dans l’image que l’on porte sur son propre physique. De ce fait, il serait particulièrement judicieux de chercher des contacts « nourrissants », où la singularité de chacun est valorisée, plutôt que la compétition, la comparaison et le jugement. Car avec le temps, cela devrait aider à améliorer sa capacité à dissocier les concepts d’image de soi et de valeur personnelle.

En guise de conclusion, je souhaiterais insister sur le fait que ce qui compte, après tout, c’est d’avoir un corps qui nous donne du plaisir, un sentiment de maîtrise et du sens à la vie. Si nous arrivons à ce stade en thérapie, nous pourrons nous féliciter d’avoir dépassé la souffrance liée à l’insatisfaction corporelle pour qu’elle ne soit dorénavant plus une menace pour son estime de soi.

5 IDÉES REÇUES SUR LA THÉRAPIE PSYCHOLOGIQUE

(Et comment augmenter vos chances de suivre une thérapie réussie !)

Si vous entretenez certaines idées reçues, il y a de fortes chances pour que vous ne profitiez pas ou peu de vos séances et que vous soyez finalement déçus par rapport à ce qu’une thérapie pourrait avoir de positif dans votre vie.

Il existe de nombreux articles sur l’influence bénéfique qu’une thérapie peut avoir chez le patient. Par contre, il y en a beaucoup moins sur l’influence que le patient peut lui-même avoir sur le bon déroulement de sa propre thérapie. Bien sûr, le talent et le savoir-faire du thérapeute vont aider le patient à chercher en lui son potentiel et lui apprendre à le déployer. Mais l’attitude de ce dernier, tout comme ses attentes et ses croyances, jouent également un rôle crucial dans ce cadre. Ainsi, le psychologue aura du mal à aider un patient insuffisamment réceptif et, de son côté, le patient risque de ne pas recevoir le support adéquat de la part d’un psychologue qui se considérerait comme « son sauveur ».

Dessin de l'article "5 idées reçues sur la thérapie psychologique"

Il y a donc des chances pour que la thérapie ne vous apporte pas ce que vous êtes venu chercher si vous entretenez les idées reçues suivantes avant de consulter :

1. Une thérapie, c’est le moment où le patient expose ses problèmes et où le psy donne des solutions.

Si le psychologue était là pour donner des solutions à vos problèmes, cela voudrait dire qu’il se place en position de détenteur de savoir par rapport à vous. Très répandue, cette façon d’envisager son rôle n’est pourtant pas correcte. Il est, de fait, illusoire de croire qu’il serait là pour vous indiquer la route à suivre ou pour vous tendre les clefs vers la résolution de vos problèmes. Chaque personne, chaque situation, chaque parcours de vie,… est unique et complexe. Dès lors, les réponses prédéterminées, aussi rassurantes soient-elles, relèvent du simplisme à outrance.

En réalité, le thérapeute va plutôt chercher avec vous et dans le respect de votre singularité comment mettre votre situation en perspective, ainsi que vous aider à découvrir ce qui pourrait fonctionner le mieux dans votre cas pour améliorer votre quotidien. En d’autres mots, les solutions sont en vous, elles vous sont propres, mais c’est au psychologue de mettre tout en œuvre pour vous assister au mieux dans votre recherche.

2. Pendant la thérapie, le psy devra me surprendre et me dire des choses que je ne sais pas encore sur moi.

Il arrive que des solutions simples puissent s’appliquer à des problèmes considérés comme complexes. Et cela peut parfois donner l’impression aux patients d’entendre des choses qu’ils savent déjà sur eux. Cependant, ce qui compte dans le changement, ce n’est pas tant le savoir que la mise en application. Le psychologue n’est pas là que pour nous éclairer, mais également et surtout, pour nous aider à intégrer ce changement dans notre vie, à dépasser les obstacles et, au bout du compte, à en ressentir les bienfaits.

3. Une bonne séance est déterminée par le fait de se sentir mieux et plus détendu après.

Faire une thérapie demande de s’ouvrir, de se montrer vulnérable, d’oser voir le côté sombre de son histoire,… Ce n’est pas confortable. On est également amené à envisager les choses différemment et parfois, à faire face à l’inconnu, à la nouveauté. Cela n’est pas confortable non plus. Il est donc naturel de ne pas toujours se sentir détendu juste après une séance… Mais à terme, c’est en partie grâce à ce travail de fond que l’on pourra s’élever et ressentir une plus grande paix intérieure.

4. Le psy est là pour me rassurer et me redonner confiance en moi.

Le fait de se sentir rassuré peut découler naturellement de la thérapie, mais ce n’est pas un but recherché par le psychologue à la base. La confiance en soi, quant à elle, n’est pas une chose qui se donne de l’extérieur, mais plutôt que l’on acquiert en agissant et en allant vers ses peurs, sans se laisser abattre par les différents obstacles sur votre route.

5. En tant que patient, je ne suis pas responsable du bon déroulement des séances.

En tant que patient, vous avez choisi de venir chercher de l’aide, de vous prendre en main. Cela est un premier pas vers la responsabilisation de soi. Cependant, votre attitude, vos attentes et vos croyances envers le psychologue et la thérapie font également partie de vos responsabilités.

En résumé, une thérapie réussie requiert non seulement les compétences humaines et techniques du psychologue, mais également la prise en compte de la responsabilité et du rôle actif que le patient détient pendant la thérapie, dans son processus d’amélioration de vie. Dépasser les idées reçues est donc une étape non négligeable pour profiter pleinement d’un travail thérapeutique sur soi.